Programme été 2015

Le Programme 2015

Ludwig van Beethoven

beethoven A3

On ne présente pas Beethoven.

 Pourtant, il a toujours été difficile pour les musicologues de le ranger parmi les « classiques » ou parmi les « romantiques ». Du point de vue formel, surtout lors de la dernière période, Beethoven tend vers un classicisme toujours plus abouti, dans le sens qu’il pousse les techniques développées par ses prédécesseurs classiques,entendez Mozart et surtout Haydn, dans leurs dernières limites.

Ce concert est dédié au Beethoven de la « deuxième manière », entre la tentation de l’exaltation romantique et la fidélité au classicisme, laquelle  est, plus que l’expression d’une rigueur volontariste, l’approfondissement d’une sincérité des sentiments intimes.

 

 Symphonie n° 8 en Fa majeur, op. 93, en 4 mouvements, pour orchestre symphonique. (Durée : 25 minutes environ.)

Si ses deux premières symphonies sont assez caractéristiques du romantisme naissant, Beethoven développe progressivement le cycle de ses symphonies dans la recherche d’un classicisme formel de plus en plus abouti. La 8ème (la « Petite symphonie », comme il disait lui-même) marque bien cette évolution. Composée au cours de l’été 1812, dédicacée au prince Joseph Franz von Lobkowitz (violoniste, grand mélomane, mécène de Josef Haydn et de Beethoven), fut créée le 27 février 1814 dans la  Grande salle de le Redoute à Vienne.

Généralement considérée comme une symphonie « mineure », car plus discrète que les trois symphonies, la 8ème n’apparaît pas moins comme l’une des plus abouties du compositeur. Son classicisme, qui la rapproche de la 4ème symphonie, traduit bien la parenté spirituelle qui existait entre Beethoven et Haydn. Mais elle explore aussi des tensions harmoniques dans l’enchaînement des tonalités de façon tout à fait singulière. La 8ème montre aussi que le grand art n’exclut pas l’élément ludique.

Son découpage en quatre mouvements est :

  • Allegro vivace e con brio (fa majeur, à 3/4)
  • Allegretto scherzando (si bémol majeur, à 2/4)
  • Tempo di menuetto (fa majeur, à 3/4)
  • Allegro vivace (fa majeur, à 2/2)

Ainsi, pas de mouvement lent (c’est un exception dans l’histoire de la symphonie en quatre mouvements). Lui est substitué un allegretto scherzando pétillant, fantaisiste, voire ironique, sur le thème d’un canon composé quelques temps auparavant par Beethoven pour l’anniversaire de son ami Maelzel (l’inventeur du métronome) : »Ta ta ta… cher Mälzel, portez-vous bien, très bien, conjurateur du temps, grand métronome !) ».

C’est aussi la seule symphonie de Beethoven qui comporte un menuet à la place du scherzo (le menuet de la 1ère symphonie est en réalité déjà un scherzo, par son tempo).

Le finale est « prodigieux, une des pages les plus hardies de Beethoven », selon Igor Markevitch. Beethoven s’y écarte temporairement du système tonal (mesures 307-336) au profit de modes anciens (anticipation du mode « lydien » utilisé plus tard dans l’adagio du quinzième quatuor). Sa coda rappelle, quoique de manière moins spectaculaire, celle de la fameuse « Cinquième », par sa succession d’accords de tonique. George Grove écrit en 1896 : « Le finale est le mouvement le plus humoristique pour ne pas dire le plus fougueux. C’est du pur Beethoven dans sa forme parfaitement mûre, individuelle et caractéristique, pleine d’humour authentique, […] d’effets soudains et inattendus, de ce mélange de tragédie et de comédie, pour ne pas dire de farce, qui était également d’une grande importance pour sa propre existence, et qui fait de sa musique un miroir fidèle de la vie humaine. »

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_n%C2%BA_8_de_Beethoven ;
– le Guide illustré de la musique symphonique de Beethoven, de Michel Lecompte, éd. Fayard ;
Beethoven : le langage des symphonies, par Stefan Kunze, éd. Deutsche Grammophon).

 

Messe en Ut majeur, op. 86, de Ludwig van Beethoven, pour soprano, alto, ténor et basse soli, chœur mixte à 4 voix et orchestre. (Durée : 45 min environ.)

Il s’agit d’une commande du prince Nicolas Esterházy (petit-fils de Nicolas-Joseph, protecteur de Haydn), qui avait confié la direction de sa chapelle à J. N. Hummel. La composition fut entreprise au début de 1807 et la première exécution eut lieu à Eisenstadt, sous la direction de Beethoven lui-même, le 13 septembre 1807. Selon le témoignage d’A. Schindler, l’œuvre se serait heurtée à l’incompréhension du prince et à la moquerie de Hummel, raison pour laquelle la dédicace primitive au prince Esterházy (attestée par un manuscrit) aurait été remplacée par celle au prince Kinsky lors de la publication.

La surprise causée par cette oeuvre s’explique par la nouveauté de son esthétique eu égard aux grandes messes de J. Haydn, antérieures de moins de dix ans. Contemporaine des 5ème et 6ème Symphonies, la Messe en Ut est la grande œuvre chorale de la 2ème période créatrice de Beethoven, comme la Missa solemnis sera celle de la 3ème période. Comme cette dernière, qui ira beaucoup plus loin encore, la Messe en Ut innove déjà dans la création d’un style choral pénétré en profondeur par l’esprit et la technique de la symphonie.

En effet, tandis que jusqu’alors l’orchestre tendait plus ou moins à s’effacer devant les chœurs et les solistes, il acquiert ici une importance et une autonomie nouvelles, participant dans une mesure égale avec les deux autres éléments à l’illustration du texte liturgique. Souvent les parties vocales, traitées simplement, sont rehaussées par des motifs instrumentaux propres à en accuser l’expression ; par exemple : thème vocal du « Gratias agimus », au début du Gloria, accompagné par un contrechant en noires exposé de nombreuses fois à l’orchestre ; ou la première section du Credo, unifiée par un motif chromatique de 6 croches, que l’orchestre reprend et transforme constamment sous les accords du chœur. L’orchestre se fait également entendre seul dans diverses transitions, et surtout dans des introductions préparant l’entrée du chœur (Sanctus, Agnus Dei). De façon générale, soit il s’oppose au chœur en dialoguant avec lui, soit il s’y mêle pour l’enrichir de ses ressources propres, dans l’ordre du timbre ou de la polyphonie.

Remarquables sont d’autre part les contrastes expressifs, non seulement entre mouvements différents mais aussi au sein d’un même mouvement : ainsi le Sanctus commence par un Adagio très recueilli, interrompu brusquement par l’Allegro exultant du « Pleni sunt » auquel s’enchaîne le mélodieux Allegretto du Benedictus. D’un bout à l’autre, la trame sonore présente une incessante variété dans sa densité, sa texture et les rapports réciproques des voix et des instruments.

Dans les années suivant sa création, la valeur de cette messe n’échappa point à ceux qui, tel l’écrivain et compositeur E.T.A. Hoffmann, se souciaient de préserver la tenue musicale et spirituelle de la musique sacrée.

(D’après le Dictionnaire de la Musique Vocale, Marc Honegger et Paul Prévost, éd. Larousse, 1998, p. 410, article de Jacques Viret.) 

Les interprètes 

Guillaume Vautier

Diplômé de l’Université Pierre Mendés France de Grenoble (licence de Musique, mention Bien), et du Conservatoire National de Région de Lyon en Analyse (médaille d’or à l’unanimité, prix SACEM), en Histoire de la Musique (médaille d’or) et en Esthétique générale (médaille de vermeil) dans les classes de Daniel Gaudet, Jérôme Dorival et Dominique Dubreuil, il obtient en 2001 son Diplôme d’Etude Musicale d’Ecriture, mention Très bien, au Conservatoire National de Région de Grenoble, avec trois mentions Très bien en Harmonie (prix SACEM), Contrepoint et Fugue, dans la classe de François Luzignant, avec qui il a également étudié l’orchestration et la composition.

De 1992 à 1996, il étudie la direction d’orchestre et la direction de chœur au Conservatoire National de Musique de Toulon, dans la classe de Lucien Jean-Baptiste, et prend la direction de l’orchestre d’Harmonie Junior de 1995 à 1996. De 1996 à 2001, il se perfectionne lors de stages auprès de Pierre Cao, Nicolas Brochot, Yves Cohen et Jean Sébastien Béreau.

Il est directeur artistique et chef de l’Ensemble Instrumental « Harphonia » de Pont Evêque de 2000 à 2003, et chef d’orchestre assistant de Laurent Pillot à l’Orchestre Symphonique de Lyon-Villeurbanne (OSLV) de 2002 à 2004.

Attaché à défendre un métier et un répertoire, il fonde en 2002, autour d’amis et de rencontres musicales, l’Ensemble Instrumental Scordatura, qui se produit pour la première fois en la Chapelle de Venon.

En 2004, il est nommé à la direction de la Chorale Gratiana de Grenoble, et à la direction de l’orchestre d’harmonie de l’Espace Musical Fernand de Claix. En décembre 2004, invité par l’Ecole Nationale de Musique de Vichy, il dirige la création du Divertissement Musical de François Luzignant « Il était une fois la Musique ».

Dans le cadre des formations de la Fédération musicale Rhône-Alpes, il rencontre Claude Kesmaecker, Directeur musical de la Musique principale de l’Armée de l’air et obtient en 2009 son Diplôme d’Aptitude à la Direction des Sociétés Musicales, délivré par la Confédération Musicale de France.

Il est nommé Directeur musical principal de l’Harmonie de Grenoble en septembre 2010.

Son intérêt pour les autres formes d’art et pour la création l’ont conduit à être conférencier musicologue attaché au Service culturel du Musée des Beaux-Arts de Lyon.

En outre Guillaume Vautier mène une activité de compositeur. Il a écrit plusieurs œuvres pour instruments à vent, dont : Sinfonietta, symphonie pour orchestre d’harmonie créée en 2008 par l’orchestre du Centre Musical Accords placé sous sa direction ; Partita pour grand ensemble de tubas, dans le cadre de sa résidence au sein du stage Tubaland 2009 ; et Hox,  pièce pour euphonium et piano à quatre mains éditée aux éditions Gérard Billaudot.

La chorale Gratiana ( http://www.gratiana.fr/)

Fondée en 1979 par Bernard de Quillac, Gratiana est une formation polyphonique d’une soixantaine de choristes amateurs exigeants. Elle fut ensuite dirigée par Alain Galissaire. Depuis 2004, c’est Guillaume Vautier qui en assure la direction.

Gratiana interprète des œuvres choisies dans un répertoire très divers : œuvres sacrées et profanes du 16ème siècle à nos jours, a cappella ou le plus souvent accompagnée par des instrumentistes et des solistes professionnels régionaux. GRATIANA s’est associée à plusieurs reprises avec d’autres chœurs de la région grenobloise.

Les répétitions ont lieu tous les lundis soirs à Grenoble, au groupe scolaire Clémenceau. Un dimanche « musical » tous les deux mois environ permet un travail plus approfondi sur la technique vocale et sur les œuvres en cours, tout en renforçant la cohésion du groupe.

Gratiana est une association loi 1901, dont le fonctionnement est assuré par les adhésions des choristes et les recettes des concerts. Le chef de chœur, musicien professionnel, est rémunéré par la chorale.

La ville de Grenoble met à la disposition de l’association les locaux de répétition à titre gracieux. Gratiana ne dispose pas d’autre subvention.

 

Extrait des productions de Gratiana ces dernières années avec l’orchestre OrChiDée : Johannes Passion (Bach), Messe en Ré (Dvorak), Requiem (Duruflé), Requiem (Mozart).

Voir http://www.gratiana.fr/repertoire

Alain Desbrières

Après un diplôme de pédagogie musicale Willems, Alain Desbrières complète sa formation en orgue et en chant au Conservatoire de Grenoble et perfectionne sa technique de direction de chœur auprès de Philippe Caillard, de Nicole Corti et de Michel Piquemal. Après plusieurs années d’enseignement musical auprès des enfants et en milieu associatif, il se consacre entièrement à la direction de chœur, explorant un vaste répertoire allant du Moyen-Âge au 20ème siècle.

Il a fondé en 1989 Que lou Di Lam, ensemble vocal des Quatre Montagnes, dont il est toujours le chef de chœur. Directeur artistique au sein de l’association Les Quatre Temps, basée à Autrans, il est toujours à l’affût de pièces peu connues de grands compositeurs, mais ne néglige pas ceux que l’on entend peu, vivants ou disparus.

Sa technique de travail privilégie la qualité des voix et la recherche de l’authenticité dans l’interprétation des œuvres. Ainsi propose-t-il des interventions ponctuelles auprès de chorales et ensembles vocaux constitués et ayant leur propre chef, pour faire travailler le groupe sur du répertoire acquis, et apporter des solutions techniques à des problèmes de timbre, de justesse ou de fatigue vocale.

L’ensemble vocal Que Lou Di Lam http://www.queloudilam.org

En Vercors-nord, des passionnés de chant choral se sont regroupés en 1989 pour former l’ensemble vocal Que Lou Di Lam (« Les gens d’en haut », en patois local), sous la direction de leur chef de chœur professionnel, Alain Desbrières. Les quelque 35 choristes actuels viennent de la plupart des 7 communes des Quatre Montagnes : Autrans, Lans-en-Vercors, Méaudre, Saint-Nizier-du-Moucherotte, Villard-de-Lans.

La qualité vocale recherchée est le fruit d’un travail continu et persévérant. Les nouveaux choristes ne sont pas sélectionnés sur leur niveau technique. La compétence du chef, notamment en technique vocale, lui permet d’emmener certains choristes jusqu’à l’exécution de parties solo. Cette double volonté d’ouverture et de qualité anime en permanence, depuis l’origine, l’esprit de Que Lou Di Lam.

Les répétitions ont lieu le mercredi de 20h à 22h dans la salle multivalente de la mairie d’Autrans, plus quelques jours de fin de semaine répartis dans l’année.

En amont des répétitions, le travail individuel se fait à partir du matériel fourni (fichiers NoteWorthy, midi, mp3 et pdf). De plus, l’association offre à ses nouveaux choristes, et organise pour les anciens, des sessions de technique vocale avec Alain Desbrières. Cette pratique permet de tendre assez rapidement vers l’homogénéité vocale souhaitée pour aborder les œuvres d’un répertoire varié : moyen-âge, renaissance, baroque, classique, romantique, et jusqu’au 21ème siècle.

Le temps des concerts demande, en plus du travail artistique, une préparation logistique adaptée, à laquelle chacun participe selon ses compétences, dans la convivialité.

L’action culturelle de Que Lou Di Lam vise l’ensemble du territoire des Quatre Montagnes. Les sept communes offrent des infrastructures qui permettent d’accueillir à tour de rôle tel ou tel de ses concerts, en fonction de son programme et de son format. Pour autant, l’association ne s’interdit pas de se produire hors du Plateau du Vercors, dans la région grenobloise ou à l’étranger quand l’occasion se présente.